Combattre la Désinformation : Un Enjeu Crucial au Cœur des Échanges à Dakar
Dakar, le 3 décembre — La Maison de la Presse Babacar Touré a accueilli ce mercredi un événement majeur, réunissant professionnels des médias, étudiants, acteurs institutionnels et partenaires, autour d’un défi contemporain essentiel : la désinformation au Sénégal. Cette journée d’échanges a permis de partager des expériences, de confronter des idées et d’esquisser des solutions concrètes face à la propagation croissante des fausses nouvelles.
L’événement a bénéficié d’un soutien institutionnel et international de premier plan. L’Union européenne au Sénégal était représentée par Son Excellence Jean-Marc Pisani, Ambassadeur de l’UE, qui a souligné l’importance de cette lutte : « lutter contre la désinformation, c’est protéger nos démocraties ».
Cet engagement a été renforcé par la présence de M. Habibou DIA, représentant le Ministère de la communication, des Télécommunications et du Numérique. M. DIA a réaffirmé la volonté de l’État d’« accompagner et former les acteurs médiatiques face aux défis numériques », reconnaissant la nécessité d’une adaptation constante des professionnels de l’information.
Les Médias Face aux Nouvelles Dynamiques Numériques
Au cœur des débats, les panélistes ont mis en lumière la transformation profonde du paysage médiatique engendrée par le numérique et les réseaux sociaux.
Mme Ndeye Fatou Diéry Diagne a rappelé un fait marquant :
« Il y a aujourd’hui plus de désinformation sur les réseaux sociaux que dans les médias, car ces derniers n’ont plus le monopole de l’information. D’autres acteurs se sont accaparé l’espace public et informent — ou désinforment — au détriment des médias. »
Cette perte de monopole impose une redéfinition du rôle du journaliste. Pr Djiby Diakhaté a mis en garde contre les pièges de l’engagement émotionnel et partisan :
« Le public pousse les professionnels des médias vers un terrain qui n’est plus celui de l’objectivité ni de la neutralité… Le journaliste doit intégrer cette dimension et éviter d’entrer dans ce jeu d’intérêts ».
Dans cette quête d’influence et d’audience, Dr Moussa Diop a également soulevé une tendance inquiétante :
« Le journaliste tente désormais de se positionner dans l’espace public, parfois même en concurrence avec son propre média, poussé par la quête d’audience et une forme de dépendance. »
Rappel des Conséquences Légales
L’impact de la désinformation sur la cohésion sociale et l’ordre public a également été abordé sous l’angle légal. M. Daouda Mine a rappelé la gravité des actes de diffusion de fausses nouvelles :
« La diffusion de fausses nouvelles est classée dans la même catégorie que les actes terroristes et les troubles à l’ordre public ».
Cette mise en perspective souligne la nécessité d’une vigilance collective et d’une rigueur professionnelle face à un phénomène qui menace non seulement la crédibilité des médias, mais aussi la stabilité de la société.
La convention a été un succès retentissant, marquant une étape importante dans la mobilisation des acteurs sénégalais pour un espace d’information plus sain et plus fiable.