La Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS) a pris part à une rencontre organisée ce mardi à l’hôtel Pullman par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH).
Cet atelier d’échanges, inscrit dans la dynamique du mois de la femme, s’est tenu en partenariat avec l’Association pour la prévention de la torture (APT) autour du thème : « Les femmes privées de liberté au Sénégal : défis et bonnes pratiques ».
La séance a été présidée par le représentant du ministère de la Justice, Babacar Diouf, en présence de plusieurs personnalités, dont la conseillère régionale Genre du HCDH, Mme Rania El Rajji, le président du Mécanisme national de prévention (MNP) de la Mauritanie, Cheikh Ahmed Zahefi, ainsi que le secrétaire général de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (ONLP), Idrissa Ndiaye. Des directrices des Maisons d’arrêt des femmes (MAF) de Rufisque et Liberté 7, des universitaires et des membres de la société civile ont également pris part aux discussions.
Au cœur des échanges, la situation des femmes détenues a suscité une attention particulière. Le responsable régional de l’APT, Juvenal Babona, a souligné que les femmes représentent entre 2 % et 8 % de la population carcérale totale, un chiffre relativement faible mais en constante augmentation dans plusieurs pays. Selon lui, cette hausse est souvent liée à des infractions mineures ou à des situations de précarité, notamment des délits liés à la drogue, à l’endettement ou à la survie économique.
Il a également relevé que dans plus d’un tiers des pays, plus de la moitié des femmes incarcérées sont en détention préventive, parfois prolongée. Une situation qui soulève des préoccupations majeures en matière de respect des droits fondamentaux.
Prenant l’exemple de la Mauritanie, les intervenants ont indiqué que les femmes détenues y sont réparties entre deux principaux sites : la prison pour femmes de Nouakchott, unique établissement exclusivement féminin du pays, et le quartier des femmes de la prison centrale de Nouadhibou. En dehors de ces structures, il n’existe pas d’autres lieux de détention dédiés aux femmes.
S’agissant du Sénégal, un rapport sur la détention des femmes en milieu carcéral, réalisé en 2022, devrait être prochainement présenté à la presse. Les participants espèrent qu’il permettra de mieux orienter les politiques publiques en faveur d’une prise en charge plus adaptée.
Par ailleurs, plusieurs problématiques sensibles ont été soulevées au cours de l’atelier. Parmi elles, la présence d’enfants en bas âge — parfois des nourrissons ou des enfants de moins de trois ans — vivant en milieu carcéral avec leurs mères, ainsi que la question de leur suivi psychologique. Les discussions ont également porté sur la surpopulation carcérale, l’exiguïté des établissements pénitentiaires et leur localisation, autant de défis structurels à relever pour garantir des conditions de détention respectueuses des droits humains.
Cette rencontre a ainsi permis de mettre en lumière des enjeux cruciaux et d’ouvrir le débat sur des solutions concrètes, dans une perspective d’amélioration des conditions de détention des femmes au Sénégal et dans la sous-région.